« Je n'étais pas Français. 

La France a fait de moi ce que je suis devenu, c'est-à-dire Français.

Je me bats pour que la France reste ce qu'elle est, c'est-à-dire Française.»

 

Jean Messiha

Frédéric Amoudru

Directeur des études et de la Stratégie

Les statistiques ethniques ? C’est quand ça les arrange ! 

 

Depuis des années, nous nous laissons bercer par la petite musique du « la République ne reconnait aucune race et, de ce fait, ne se livre à aucune analyse ou étude sur des bases ethniques ou s’en rapprochant ». 

Bien. 

Nous avions tout de même remarqué que divers cercles de réflexion, ONG, laboratoires universitaires et autres « chercheurs », se prêtaient volontiers à cet exercice pour déceler « discriminations » et « inégalités » et que le pouvoir politique, censé être racialement neutre, n’hésitait pas à s’appuyer sur leurs conclusions.

Mais imaginait-on un organe de l’Etat y recourir directement et une ministre valider la démarche ?

Oui. Et c’est même chose faite. 

Le Premier Ministre dispose d’un service dénommé « France Stratégie » qui conseille le gouvernement dans son action politique en lui fournissant des analyses dont la qualité et la pertinence ne sont guère contestables, même si on peut en contester les orientations.

Il y a quelques semaines, le 23 février pour être précis, je tombe sur une webconférence, covid oblige, dont le thème est : « Mixité sociale et ségrégation résidentielle. Comment la France évolue ? ». 

https://www.strategie.gouv.fr/debats/webconference-mixite-sociale-segregation-residentielle-france-evolue-t

Elle est présidée par la ministre au logement Emmanuelle Wargon. Grande prêtresse de la mixité sociale et, en creux, ethnique, elle est l’incarnation absolue de la génération « fille ou fils de ». Son père, paix à son âme, n’était autre que Lionel Stoleru. Polytechnicien, personnage politique brillant et grand serviteur de l’Etat. Sa mère est Francine Wolff, énarque pour sa part. 

Mademoiselle Stoleru fait sa scolarité au Lycée Molière, établissement chic du très chic 16ème arrondissement de Paris, où elle a dû rencontrer une diversité… triée sur le volet. Suivent HEC et ENA. Rencontre avec Mathias Wargon, brillant quoique turbulent médecin hospitalier. Mariage dans l’entre-soi. 

Et puis il y a une belle résidence à Saint-Mandé, banlieue très cossue accolée au bois de Vincennes, valant, selon le Figaro 1,5 million d’euros. Bizarre de vivre là, au lieu du 93, quand on sait que le très occupé Docteur Wargon travaille au SMUR de l’hôpital de Saint-Denis. Vraiment dommage. Cela aurait été pour leur trois enfants l’occasion de fréquenter des établissements scolaires où règnent une belle et grande diversité ethnico-sociale.  Enfants Juifs dans le 9-3, vous me direz qu’ils en auraient vu des vertes et des pas mûres. Mais bon. Il faut assumer ses choix idéologiques. Cerise sur le Makrout, c’eût été très cool pour Emmanuelle et Mathias d’entendre leurs rejetons parler la novlangue avec ce bel accent « cité » qui fleure bon le Maghreb et l’Afrique noire. Et qui sait peut-être, c’eut aussi été l’occasion de préparer un métissage de bon aloi pour la génération future avec un Mouloud ou une Yasmina. Et à la clé une conversion à l’islam pour la convenance de la belle-famille.  

Je précise que n’ai à priori rien ni contre madame Wargon ni contre son époux qui s’est tout de même fendu d’un tweet concernant Jean Messiha où il pose le postulat de l’existence de « bons Arabes et de mauvais Arabes » et qualifie d’« ordure » dans la foulée le Président de l’Institut Apollon qu’il voit comme le « bon arabe de l’extrême-droite ».  Pas très sympa pour un humaniste anti-raciste. Plus surprenant : absolument aucune réaction de tout ce que la sphère « progressiste » compte de médias. Imaginez le tollé si un membre du « camp du mal » évoquait  « de bons et mauvais Noirs », « bons et mauvais Juifs ». Pire, imaginez qu’un patriote ait eu le mauvais goût de dire de Mathias Wargon qu’il était « le bon Juif de l’extrême-gauche ». C’eût été cris d’orfraie et convulsions apoplectiques. Mais là, rien ! 

Bref.     

Je décide de me plonger dans le sujet proposé par France Stratégie flairant un parfum de bien-pensance.

Dans ma relative naïveté, je pensais y trouver une mesure historique de la mixité sociale au sens strict du terme. Et cela y figure. Les rapporteurs ont utilisé des données territoriales très précises de l’INSEE sur 55 unités urbaines de plus de 100.000 habitants pour évaluer l’implantation de populations de diverses classes sociales dans ces territoires au cours de la période 1990-2015.  La préoccupation étant de savoir si cadres, chefs d’entreprise, employés, ouvriers, actifs ou inactifs sont plus ou moins concentrés selon leur catégorie sur lesdites unités urbaines et, au sein de ces zones, dans des quartiers considérés comme privilégiés ou non. 

Je dois avouer ma relative incompréhension face à cette interrogation. Au fond qu’est-ce que cela peut faire que des classes sociales se mélangent ou non ? 

Ce qui compte c’est que riche ou pauvre, patron ou simple salarié, en activité ou en retraite, nous bénéficions tous, là où nous vivons, du même niveau de service public tant en qualité qu’en quantité. 

Les quartiers dit moins favorisés doivent être tout aussi propres, sûrs, calmes, desservis, embellis, équipés que les quartiers dit huppés. 

Les établissements scolaires, sanitaires, culturels, sportifs, les transports en commun doivent être aussi bons et beaux que chez les « bourges ». C’est ça la vraie « promesse républicaine » dont on nous parle régulièrement.         

Mais l’étude ne s’arrête pas là. Dans sa deuxième partie elle aborde je cite « L’indice de ségrégation des personnes en fonction de leurs origines ». Tiens ! 

Suit une succession de pages analysant avec une forte granularité les lieux de résidence des immigrés d’origine « extra-européenne » et des immigrés d’«origine européenne ».  

Quelques extraits éclairants.

« Si l’on s’intéresse aux jeunes de moins de 18 ans, immigrés eux-mêmes ou vivant avec au moins un parent immigré, toutes origines confondues, on observe…. »

 

« …..celle des immigrés ou enfants vivant avec au moins un parent immigré d’origine européenne …. »

 

« ….celle des immigrés ou enfants vivant avec au moins un parent immigré d’origine extra – européenne…. » 

 

« En leur sein, ce sont les enfants non immigrés et vivant avec un parent immigré extra -européen et un parent non immigré  …. »

 

« …alors que l’augmentation de la part des 0-18 ans vivant avec deux parents immigrés d’origine extra-européenne …… » 

 

« La part des enfants vivant avec un parent immigré extra-européen célibataire…. »

 

« Lorsqu’on observe les indices de ségrégation des immigrés d’origine extra-européenne et de leurs enfants unité urbaine par unité urbaine….. » 

« Ainsi, l’indice de concentration des immigrés d’origine européenne, plutôt faible, est en légère baisse (Graphique 53) quand celui des immigrés d’origine extra -européenne, deux fois supérieur en début de période, est en hausse sensible (Graphique 54). »

 

« L’indice de concentration des immigrés d’origine extra-européenne augmente, celui de leurs enfants aussi, mais la concentration des 0-18 ans vivant avec deux parents immigrés extra-européens diminue. »

 

Et celui-ci assez corsé.  

« Notons que les couples mixtes du point de vue du statut migratoire ne le sont pas forcément d’un point de vue de l’origine culturelle, notamment dans les quartiers à plus forte proportion d’immigrés extra-européens. Un couple unissant un immigré et un non-immigré n’est pas nécessairement mixte du point de vue de l’origine culturelle si les parents de la personne non immigrée sont originaires de la même aire géographique que celle de son conjoint, ce qui est fréquent chez les descendants d’immigrés du Maghreb, de Turquie et d’Afrique sub-saharienne, particulièrement lorsqu’ils vivent en ZUS. »

 

Des pages et des pages de chiffres et de graphiques faisant la distinction entre immigrés d’origine européenne et d’origine extra-européenne ce qui, nous le savons tous, veut dire la différence à peu près parfaite entre « blancs » et « non-blancs ». Le tout effectué par un organe gouvernemental. 

 

Inutile de préciser que les conclusions indiquent une très forte croissance des immigrés non-blancs depuis 1970, une réalité que nos yeux nous révèlent tous les jours sans aucun besoin d’outils statistiques. 

 

Le dessein de cette étude est clair. Il s’inscrit très largement dans le dessein politique de la gauche et de la « macronie » qui est d’augmenter la mixité sociale – objectif affiché - mais qui, en réalité, vise au … mélange ethnique.  

On se rend bien compte chez les « progressistes » que les « Blancs » et les immigrés assimilés ont développé des stratégies de relocalisation pour échapper à la colonisation de peuplement alter-identitaire. Alors il faut les rattraper au tournant. « Ah vous les petits et moyens Blancs et ceux qui s’y identifient ne voulez pas vivre au milieu des légions de Mohammed et de Aïcha et vous avez migré vers des territoires encore à peu près « gaulois » ? Qu’à cela ne tienne. On va vous en envoyer un max. Cela vous fera les pieds ! ». Attention tout de même : cette logique, ils se gardent bien de se l’appliquer dans « leurs » quartiers. Faut pas déconner ils tiennent au prix de leurs baraques et à leur tranquillité ! 

    

Pour en revenir à l’étude de France Stratégie, je veux bien que l’on mesure le degré de « ségrégation » géographique des immigrés « blancs » et « non-blancs ». Mais alors poussons la logique jusqu’au bout. Analysons carrément beaucoup d’autres phénomènes qui touchent notre société selon cette grille de lecture en utilisant cet ersatz de statistique ethnique qu’est la catégorisation « origine européenne » et « origine extra-européenne ».

Voyons aussi ce que cela donne en matière de délinquance et de criminalité, de niveau et d’échec scolaire, de recours aux minimas sociaux et aux aides sociales, de niveau de chômage, de niveau de qualification, etc. 

 

Nous verrons bien alors si cette immigration extra-européenne dont on nous serine qu’elle est une « chance pour la France » l’est autant qu’on veut bien le dire. 

 

Je crains que cela ne soit pas l’objectif de nos élites humanisto-« progressistes » qui ne souhaitent faire usage de ce type de données que dans un seul but, celui de la victimisation des minorités non-blanches, mais jamais celui de la mise en lumière de leur contribution à des phénomènes moins émouvants.            

 

En avons-nous d’ailleurs vraiment besoin de ces statistiques raciales ? Devons-nous nous laisser aller à cette dérive anglo-saxonne odieuse de catégoriser les gens en fonction de leur origine ethnique ? Je ne le crois pas. 

En tant que peuple historique et hôte, nous avons une expérience collective, un « vécu » comme on aime à dire aujourd’hui. Celui de la cohabitation avec différents types d’immigrations : européennes, arménienne, juive, arabe chrétienne, vietnamienne, philippine, chinoise, tamoule, turque, arabo-musulmane, africaine musulmane ou non, afghane et tchétchène. Nous savons parfaitement qu’à partir du dernier tiers de l’énumération qui précède, le « vivre-ensemble » se complique considérablement. Pas d’amalgame bien sûr, car il y a quantité de gens « bien » et même « très bien » dans ces « communautés ». Mais tant d’autres posent des problèmes plus ou moins graves et dans une proportion qui n’a rien à voir avec la distribution statistique normale. J’aime à répéter qu’il n’y a rien de génétique là-dedans. Comme me l’a toujours asséné mon vieux père, grand humaniste devant l’Eternel, « il n’y a pas de bons ou de mauvais peuples, il n’y a que de bonnes ou de mauvaises gens ». 

Et encore ces dernières le sont-elles peut-être devenues en raison d’une intégration trop difficile dans une société trop différente et pas toujours aussi accueillante ou bienveillante que nous voulons bien le penser. C’est possible. Mais le temps n’est plus à s’interroger sur le « pourquoi du comment » mais de dire stop. 

Dans notre expérience migratoire, on sait ce qui marche et ce qui marche beaucoup moins bien voire pas du tout. Alors on en tire les conséquences. Leur faute, notre faute, faute partagée, etc. ce n’est plus le sujet.  Que les chercheurs cherchent les causes s’ils le veulent mais le rôle des politiques est d’agir et vite alors qu’il y a, à l’évidence, péril en la demeure et que les langues du feu alter-identitaire lèchent notre maison commune. La France.            

Frédéric Amoudru

Directeur des études et de la stratégie